Webzine et afro-culture

CHRONIQUE : UNE RENCONTRE DANS LE PARC (ÉPISODE 4)

44

Précédemment : Un jour, je ressentis le besoin d’aller faire une petite promenade dans le parc. Cela faisait un mois que je n’avais plus revu Germaine. L’harmattan tirait à sa fin, quelques brouillards tardifs encombraient la nature. Il avait plu la nuit précédente…

Je pris mes beignets, enveloppés dans les pages d’un journal et, songeur, tournai le dos à la vieille vendeuse au rire cynique.

Il avait fallu l’indiscrétion de cette femme pour que je me demande enfin si je n’étais pas amoureux. Germaine était vraiment belle. Je me souvenais de ses petites mirettes rieuses et pétillantes d’intelligence, de son sourire en coin qui lui avait valu de ma part le surnom de ‘‘Angel’’, de cet adorable tic qu’elle avait de se caresser lentement les sourcils quand elle réfléchissait (un peu comme certains hommes le font avec leur moustache). Tellement de petits détails auxquels seule la nostalgie peut donner autant de valeur.

Roadside

Je me souviens également de son élégance, de ses pagnes aux couleurs chatoyantes et surtout de ses cheveux longs si bien tressés.

Je partis d’un rire nerveux, m’attirant le regard surpris de quelques passants. Je ne voulais surtout pas penser à tout cela sérieusement : à quoi bon puisque Germaine n’était plus là !

Assis sur un banc, je me mis à manger distraitement mes beignets tout en regardant le ballet insensé des termites ailés totalement indifférents à ma tristesse. C’est alors que je remarquai la présence d’une petite fille de sept ou huit ans, sagement assise à mes côtés. Elle me regardait fixement de ses grands yeux si clairs et si innocents. Je ne pus m’empêcher à ce moment-là de penser à la guerre.

– Pourquoi êtes-vous si triste ? fit-elle, en penchant la tête sur le côté.
Surpris, je la regardai un instant balancer ses petits pieds nus qui touchaient à peine le sol.
– Il y a quelques semaines, finis-je par répondre, j’ai posé cette même question à une personne et maintenant elle n’est plus là.
– C’est une phrase magique, Monsieur ? me demanda-t-elle vivement, je peux faire disparaitre quelqu’un avec ?
Je ne pus m’empêcher d’éclater de rire. Cela faisait tellement longtemps que je n’avais pas ri de la sorte ! Mais devant la mine déconfite de la petite fille, je dus réfréner mon hilarité.
– Tu en veux ? lui dis-je en lui présentant mes beignets.

Elle plongea une main avide dans le paquet et la retira tout aussitôt comme si quelque chose l’avait brûlée. Elle me tendit ensuite respectueusement ses deux mains ouvertes. J’y plaçai le paquet tout entier en lui expliquant que je n’avais plus faim.

 

Affaire à suivre !!! (Épisode 5, bientôt)

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Merci pour votre commentaire